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 Education canine à Lyon
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Gueule de chien

Les daltons : Cléo, Boomer, Pitchoune, Pampa et Fifi
Petit exercice en cours collectif

Images aléatoires

Mercredi 30 avril 2008
Mon expérience passée et présente à la SPA a eu un effet secondaire sur moi. A force de voir des chiens pourris par leurs maîtres débordants d’un amour gluant, qui finissent par les rendre malades ou les abandonner (« et pourtant, je l’aime, mon chien », j’ai développé un étrange symptôme.

Je n’aime plus les gens qui « aiiiiiment les chiens ».

J’aime pas les gens qui aiiiiment les chiens, parce que les gens qui aiiiiment les chiens n’aiment pas les chiens, mais aiment l’idée d’avoir un petit truc vivant et chaud à portée de main. Ils aiment avoir un être vulnérable sous leur aile. Ils aiment avoir une petite boule de poil lovée sur leurs genoux ou sur leur lit. Ils aiment avoir un compagnon de vie « fidèle ». Ils aiment avoir quelqu’un à nourrir.

 



Ils aiment, mais ils aiment mal.

Aiment-ils marcher des heures avec leur chien en liberté ? Ah vous savez, à mon âge… Ah, mais je n’ai pas de voiture, alors c’est difficile… Pas besoin, j’ai un jardin… Ah non, il ne revient pas quand je l’appelle…

Aiment-ils voir leur chien s’ébattre avec ses congénères ? Ah, vous savez, il est un peu trouillard… Ah, mais c’est qu’il n’aime pas les autres chiens, il est tellement attaché à moi… Ah, mais il n’a pas trop l’occasion d’en voir… Ah oui, il en croise parfois dans la rue… Vous savez, je l'aime tellement, je ne voudrais pas qu'il se fasse mal !

Aiment-ils voir leur chien se rouler dans une flaque, une crotte ou un cadavre ? Ah, c’est dégoûtant ! Il a de ces idées, parfois ! Mais pourquoi il fait ça ?

Peut-être parce que c’est un chien. Et un chien, c’est un animal. Un prédateur, de surcroît. Pourquoi les gens admettent-ils facilement le côté prédateur du chat, mais ont-ils tant de mal à l’accepter chez le chien ? Un chien, ça aime courir comme un fou, profiter de sa liberté, se mesurer avec ses congénères, et même se rouler dans la boue, la crotte ou les cadavres.

 


Là, j'ai de la chance, c'était un cadavre de ver de terre !

C’est ça, un chien. Et parce que je suis un humain, que j’ai mes limites et que j’habite en appartement, j’arrête aussi ma chienne lorsqu’elle se roule dans une crotte, mais je ne la gronde pas. J’aime la voir courir, jouer (ou ne pas vouloir jouer) avec ses congénères et je ris avec un mélange de dégoût et d’attendrissement quand je la vois se rouler dans la boue ou même dans les cadavres d’animaux. Et tant pis si elle pue, parce que Pampa est un chien, et qu’un chien, parfois, ça pue.

Pampa, après une bonne roulade dans la boue. Humm ! C'est bon la vieille bouillasse croupie sur le museau !

Ce que j’ai appris à aimer avant tout en elle ce n’est pas sa compagnie, sa chaleur, sa beauté ou la douceur de son poil (qu’elle a d’ailleurs assez rêche). J’ai appris à aimer autre chose. J'ai dû l'apprendre, parce que ma nature d’être humain me poussait au départ comme tout le monde à aimer sa chaleur, sa présence, sa douceur, son « côté humain ». Mais ce que j’aime vraiment, c’est sa liberté, sa nature différente de la mienne, son incroyable faculté d’adaptation.


"J'adooore les chiens (et les sushis) !"

Et ceux qui aiiiment les chiens (comme Chouchou adoooore les sushis), se demandent-ils ce que les chiens aiment ou se contentent-ils des apparences, du résultat à court terme ? Mon chien aime quand je lui donne des petits gâteaux ou des croûtes de fromage (et tant pis si ça détraque son système digestif). Mon chien aime dormir sur mon lit (et tant pis si ça crée un hyperattachement). Mon chien aime que je le prenne dans mes bras quand il a peur (et tant pis ça ne fait qu’empirer ses angoisses). Mon chien aime que je sois toujours avec lui (et tant pis si ça le rend dépendant). Mon chien aime que je le caresse tout le temps (et tant pis si ça l’étouffe). Mon chien aime que je joue sans cesse avec lui (et tant pis si ça le rend hyperactif). En lui prodiguant ce genre d’amour fast-food, on répond à une demande immédiate sans penser au long terme. Comme un enfant, un chien a besoin de limites, il a besoin qu’on lui offre la possibilité d’exister par lui-même en ne faisant pas de lui le centre de notre monde, il a besoin d’être cadré, encadré par notre autorité bienveillante (et non par notre autoritarisme absurde), il a besoin d’un ordre juste, de fondations solides pour se construire. Il a besoin de se sentir protégé et guidé par nous, sinon, c’est lui qui se sentira obligé de nous guider. Et cela risque d’être trop lourd pour ses maigres épaules, ou trop lourd pour nous, qui pouvons difficilement vivre sous la loi despotique d’un cador, malgré tout l’amour qu’on lui porte. C’est là que le stress commence, pour le chien comme pour le maître. Ne pas offrir de limites à un chien, le laisser en self-service, c’est laisser le navire à la dérive sans capitaine, c’est lui ôter tout repère. C’est le rendre capricieux, stressé, agressif ou peureux, selon sa nature.

 

PS : récemment, j’ai gardé une chienne complètement stressée, hyperactive et tyrannique, qui détruit tout chez elle et aboie contre tout et tout le monde, surtout sa maîtresse. Elle tire en laisse et est limite insupportable, du coup, sa maîtresse la sort de moins en moins. Quand elle était petite, sa maîtresse, qui avait besoin d’elle pour guérir de plusieurs deuils, l’a étouffée par son « amour ». Ensuite, voyant la situation se dégrader, elle a cru pouvoir la redresser en criant sur la chienne et en lui fixant des pseudo-limites sans cesse mouvantes.

En 3 jours chez moi, dans un cadre de vie réglé et équilibré, la chienne est redevenue normale. J’ai été attendrie et séduite par cette chienne, mais je ne me suis pas apitoyée sur son sort. J’ai été stricte, ferme, inflexible, mais aussi calme, joviale et juste. Au bout de deux jours, la chienne qui n’avait jamais été lâchée (sauf au cours de plusieurs fugues) et se montrait agressive avec ses congénères, gambadait en liberté autour de nous (avec une longe qui traîne par terre, par sécurité), avec deux ou trois autres chiens. Au bout de trois jours, elle répondait parfaitement au rappel, même en présence d’autres chiens ou stimuli intéressants, et m’avait prise comme point de repère, comme rocher auquel se raccrocher. Ca m’a demandé du boulot, de l’attention, du temps, mais on y est arrivé.

 

Bon d'accord, à m'entendre, je parais gogole et gaga. Mais être ferme, ça n'empêche pas d'être sympa et ludique quand le chien obéit !! Au contraire, ce n'est pas en gueulant qu'on gagne le respect, mais en étant JUSTE

La chienne est aujourd’hui retournée chez sa maîtresse et pour l’instant, ça se passe mieux, elle est plus calme. Espérons qu’elle parvienne à lui procurer sur le long terme tout l’équilibre, la liberté, la douceur et la fermeté dont elle a besoin.

par yannick thoulon publié dans : coups de gueule
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Samedi 19 janvier 2008
Si vous êtes un habitué des parcs canins de Lyon, de France ou de Navarre, vous avez dû entrer un jour ou l’autre dans un de ces endroits d’où les semelles des chaussures, les baballes et les pa-pattes des chiens ne ressortent jamais intactes. Un de ces endroits où l’on peut certes lâcher son chien, mais où l’on n’ose à peine rentrer. Un de ces endroits où, si l’on s’aventure encore à lancer un jouet, on peut prier pour qu’il soit lavable en machine. Un de ces endroits où les toutous au nez sensible et au caractère peu affirmé ne veulent de toute façon plus mettre les pattes (je revois encore le regard à la fois implorant et désespéré de ma chienne quand je l’oblige à y entrer). Ces endroits, à Lyon, on les appelle « espaces de liberté ». J’ai bien dit « espace de liberté ». J’ai beau me concentrer, à mon oreille, ça ne sonne pas comme « crottoire », « dépotoire », « squat », « immonde réservoir à boue puante »… Eh bien pourtant, beaucoup de propriétaires semblent encore confondre toutes ces dénominations.

Je rappelle donc la règle que l’on a décidé d’appliquer à Lyon et dans bien d’autres communes françaises : dans un espace sanitaire (ou canisite, sanichien, selon les villes), le chien peut se soulager et le maître est dispensé de ramassage : ce sont les services de propreté de la ville qui s’en chargent.

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Ca, c'est le logo d'un espace sanitaire

Dans un espace de liberté, en revanche, on ramasse. Un point c’est tout. Ca semble pourtant pas si compliqué, dit comme ça ! Un espace de liberté, c’est un parc créé pour le plaisir des maîtres et des chiens, et qui n’a pas pour vocation d’être transformé en triste et tragique tas d’étrons (les plus fins littéraires sauront admirer l’allitération en « tr »!).

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Le logo sympa de l'espace de liberté


C’est pour rappeler cette règle à la fois si bête et si compliquée à faire appliquer que la Mission animalité urbaine du Grand Lyon et l’association Le Museau sur l’asphalte* se sont réunies pour trois mois d’opération commando. Vendredi dernier, c’était la Première, à l'espace canin du parc popy, composé d’un espace sanitaire et d’un espace de liberté. Pour l'occasion, des responsables de la propreté et des journalistes s'étaient déplacés. Toute la journée des professionnels du Grand Lyon et des bénévoles du Museau sur l’asphalte se sont relayés, les uns pour faire place nette et débarrasser l’espace des tonnes de crottes et autres déchets en tous genres (la trouvaille du jour : un matelas pisseux), les autres pour prêcher la bonne parole auprès des propriétaires. De 6h30 à 23h, une présence a été assurée. Nous avons réexpliqué aux usagers le fonctionnement de cet espace, tout en distribuant des sachets de ramassage et en insistant sur la nécessité de garder un lieu propre, pour le bien des chiens comme des humains.


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Tous les 15 jours, l’opération sera renouvelée sur un nouvel espace  (le prochain : place Bellevue, qui représente une urgence absolue), en espérant que le message finira par passer.

 Là, espace sanitaire, sable, logo bleu. On ramasse pas.                      

Là, espace le liberté, terre et herbe,logo vert, on ramasse.
Toi comprendre ?P1190003.JPGP1190005.JPG




















Pour finir sur une note optimiste, je tiens quand même à souligner que lors de la dernière réunion à laquelle j’ai assistée au Grand Lyon, les services propreté de la ville de Lyon ont signalé que l’on trouvait environ 50% de crottes en moins sur les trottoirs. Un très bon pas, mais nous pouvons faire encore mieux. Et si l’on ne veut pas décourager les pouvoirs publics d’installer des espaces de liberté pour les chiens, c’est à nous de montrer que l’on peut les maintenir propres, comme des grands !


* Le Museau sur l’asphalte est une association de propriétaires et non propriétaires de chiens qui a pour but de soutenir la Mission animalité urbaine dans ses actions et de promouvoir la bonne cohabitation homme-chien dans la ville. Pour plus de renseignements ou adhésion, merci de contacter la secrétaire de l’association, Véronique Segard : museau-secr@orange.fr

par yannick thoulon publié dans : coups de gueule
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Mardi 24 juillet 2007

Pour une fois, vous ne verrez pas de chiens dans cet articles, mais des chevaux. Mais pas de panique, ça parle quand même de chiens !


Ca commence à sentir les vacances ! Vendredi dernier, j’ai participé à une journée découverte sur l’équitation éthologique au haras de la Cense. Ca fait beaucoup de mots nouveaux à la fois, alors je vais être pédagogue :

-     L’« équitation éthologique », c’est l'expression un peu pourrie qu’ils ont trouvée pour traduire « horsemanship » (« l’art d’être cavalier ». En gros, de comprendre un cheval, de communiquer avec lui et d’obtenir sa coopération). C’est encore un peu flou ? Alors, on va tenter en 2 briques (comme dans Pyramide, vous vous souvenez ?) : "Robert Redford" et "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux". Vous me dites quoi ? "Chuchoteur" ! Ben voilà ! Et ben donc, vendredi, j'ai joué à Robert Redford et j’ai murmuré à l’oreille des chevaux, pour changer. Sauf qu’un chuchoteur ne chuchote pas plus qu’il ne murmure : il s’exprime par son corps, sa gestuelle, son regard et son intention (i.e. sa volonté vraie de communiquer quelque chose au cheval).

-         Et le Haras de la Cense (http://www.lacense.com), c’est tout simplement le haut lieu de l’équitation éthologique en Europe. Le grand chef, c’est Andy Booth, un Australien, qui a grandi dans un ranch et est parti aux Etats-Unis observer, élever et débourrer des chevaux avec Monty Roberts et Pat Parelli. Il a créé en France, terre de tradition équestre, un haras qui révolutionne l’approche européenne, militaire, de l’équitation. Aujourd’hui, il collabore avec certains cavaliers de niveau olympique (Michel Robert, Julia Chevane avec Calimucho…) pour les aider à mieux comprendre leurs chevaux et à les apaiser dans le travail. Il rééduque des chevaux tarés venus du monde entier.

Lui, c'est stormy, le zorse (croisement zèbre cheval) éduqué par Andy. Un vrai challenge, parce qu'il est resté très sauvage.

Vous me direz, qu’est-ce qu’un éducateur canin faisait au milieu des chuchoteurs de chevaux ? D’abord, les chevaux, c’est ma première passion (Allez, j’étais partie pour vous raconter ma vie, mais je vais pas vous infliger ça). Ensuite, les méthodes que j’utilise pour les chiens sont très similaires à celles qu’ils utilisent pour les chevaux. Je voulais en savoir plus, histoire de voir ce que je pouvais affiner de mon côté. Nous voilà donc partis pour un petit comparatif de l'éducation canine/éducation équine (car ils parlent bien d'éducation).

Pour moi, il y a 3 grandes différences entre les chiens et les chevaux. Le chien est un prédateur de 30 kg qui vit 24 h sur 24 avec nous. Le cheval est une proie de 600 kg qui nous côtoie quelques heures par jour (j’ai mis les trucs en gras au cas où vous comprendriez pas. C’est l’équivalent des rires dans une série américaine, pour vous montrer là où il faut faire « aaaaah ! »). A part ça, un cheval ou un chien, ça marche pareil.

Des chevaux qui suivent une voiture avec quelqu'un dans le coffre pour rentrer au pré

Edouard, qui nous a pris en charge pour le stage, nous a ouvert les yeux sur une nouvelle équitation. On était 10, tous passionnés de chevaux, tous niveaux confondus. Bien sûr, comme à tous les stages, il y avait « Celle qui Savait ». Elle avait déjà eu une relation « magique » avec un étalon (qui, à mon avis, essayait juste de la sauter) : elle communiquait avec lui par la pensée et à un moment, il lui a demandé « tu veux être mon amie ? » (sic) ! Et donc, Celle qui Savait a donné des conseils judicieux à Edouard, le responsable du service débourrage et rééducation, pendant toute la partie théorique. Des conseils du genre « Tu sais (car Celle qui Savait tutoyait Edouard, puisque, comme lui, elle faisait partie du club sélect de Ceux qui Savaient…) pour nouer une relation avec un cheval, j’ai remarqué grâce à cette relation magique que j’ai eue, qu’il fallait passer du temps avec le cheval ». Non ? Sans blague ! Heureusement que Celle qui Savait était là pour nous donner des infos si pertinentes !

Bref, revenons à cette nouvelle équitation. Jusque là, quand on apprenait à monter à cheval, on posait ses fesses sur un canasson et on essayait de ne pas tomber. Ensuite, on affinait sa position et on essayait de faire faire des trucs au cheval. Ca, c’est l’équitation. C’est l’équivalent, chez les chiens, des exercices type assis, couché ou du dressage… Sauf que pour Edouard, l’équitation, c’est la troisième étape. Et dans le monde canin aussi, on a trop souvent tendance à sauter les 2 premières étapes. Le premier pas, c'est la compréhension de l’animal (et revenons aux chiens : combien de maîtres savent faire asseoir leur loulou, mais ignorent ce qu’il veut dire quand il remue la queue ? Ca vous fait réfléchir, hein ? Tous à vos copies, vous me direz ce que ça veut VRAIMENT dire, quand un chien remue la queue ! Un indice : ça ne veut pas forcément dire qu’il est content.). Ensuite, il y a les fondations : c’est l’équivalent des règles de base que l’on instaure à la maison avec son chien (et que peu de maîtres connaissent ou appliquent. Attention, reprenez vos copies ! C’est quoi, les règles de bases à appliquer quand on vit avec un chien ?). La troisième étape, et seulement la troisième, c’est l’équitation (donc, le assis, couché, ou le dressage).

Autre similitude avec la méthode que j’utilise, Andy et ses élèves travaillent par « confort, inconfort », essai et erreur. Ils posent un problème au cheval et ils lui demandent de trouver la solution : « Toi qui aimes rester immobile, je te fais bouger. Je n’arrêterai de te faire bouger que quand tu seras allé dans mon sens. » Par exemple, je voudrais que tu recules. Je vais exercer une pression sur ton licol jusqu’à ce que tu transfères ton poids vers l’arrière. Dès que tu fais un pas ou que tu te penches en arrière, je te laisse tranquille. Bientôt, tu auras compris que si tu veux être tranquille, il faut vite céder à la pression, voire précéder la pression, et je n’aurai plus besoin d’utiliser ma longe pour te faire reculer.

Autre exemple, plus compliqué : si tu as peur du coin du manège, je vais t’obliger à bouger et à travailler partout, sauf dans le coin, où je te laisserai tranquille. Tu es libre de fuir le coin, mais dès que tu y mets un sabot, pour toi, c’est le confort. Partout ailleurs, je te titille et je te demande des trucs compliqués. Bientôt, tu as compris qu’on est mieux dans le coin qu’ailleurs. Beaucoup de cavaliers (dont moi) font exactement le contraire : si le cheval a peur du coin, on le force à y aller. Du coup, on rend le coin désagréable. J'avais d'autant moins d'excuses pour faire ça que j'utilise exactement ce principe pour mettre un chien à sa place : on va rendre tous les autres endroits désagréables, et la place super agréable. Bientôt, le chien aura compris son intérêt et ira très volontiers à sa place. Alors que si on l’y met de force, il voudra toujours en sortir.


Les poulinières du haras

Autre truc que j’ai appris pour les chevaux : "N'utilise pas les rênes pour tourner, utilise-les quand il ne tourne pas." C’est pareil pour les chiens : la laisse n’est pas une corde qu’il faut actionner pour faire bouger le chien, mais un filin de sécurité dont on ne se sert que si le chien ne fait pas attention à ce qu’on lui dit. Eh ben n’empêche, j’avais beau trouver ça logique pour les chiens, je continuais à tirer comme un veau sur la bouche de mon cheval (bon, j’exagère, mais j’agissais au moins sur la rêne par une légère pression des doigts). Andy et son équipe, qui montent régulièrement sans filet (et donc sans rênes), nous ont démontré l’absurdité de ce réflexe conditionné qu’on nous apprend dès qu’on pose ses fesses sur une selle.

Bref, tout ça pour vous montrer que ce que je dis, c’est pas toujours des ...biiiip, parce que les plus grands chuchoteurs disent à peu près la même chose !

Bon, c'est pas très représentatif, mais j'avais plus de piles pour prendres les photos intéressantes...

Et donc, au bout de quelques heures de boulot avec les chevaux (déjà éduqués) qu’on nous avait prêtés, on a réussi à obtenir une bonne connexion : le cheval marchait « au pied », son encolure au niveau notre épaule. On marche, il marche. On s’arrête, il s’arrête. On court, il trotte. On recule, il recule ! Et tout ça, sans utiliser sa longe (enfin presque, parce qu’on était quand même pas des super pro.)

Voilà, je m’arrête là, parce que je ne voudrais pas vous embêter trop. Merci à ceux qui sont restés jusqu’au bout, et n’hésitez pas à visiter le site du haras de la Cense : http://www.lacense.com/methode-equitation.php

 

par yannick thoulon publié dans : coups de gueule
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Samedi 30 juin 2007

Avertissement : Désolée, mais pour une fois, j'ai senti la nécessité d'écrire un article sérieux.  Alors courage, si la place du chien en ville vous intéresse, tentez de tenir jusqu'au bout !


Pour ceux qui craignent qu'enfants et chiens ne fassent pas bon ménage, l'article sera ponctué d'une série de photos des enfants présents aux balades canines (certains ont des chiens et veulent les accompagner pour ce grand rendez-vous hebdomadaire, d'autres n'en ont pas et recherchent leur contact)

Trois pas en avant, deux pas en arrière...

Mon Dieu ! Qu’il est difficile d’essayer de faire du bon boulot dans un secteur comme la Croix Rousse, où les habitants sont (à juste titre !) particulièrement fiers de leur quartier, et du même coup particulièrement susceptibles dès qu’il s’agit de propreté. L’annonce des premiers espaces sanitaires canins ne s’est pas faite sans remous : pétitions, levées de boucliers contres ces « boîtes à crottes » (sic). Voici un petit florilège des phrases communément entendues, et une tentative de réponse :



-                          « C’est inadmissible que l’argent public aille aux chiens, il y a quand même d’autres priorités ! ». Il y a en effet sûrement d’autres priorités, mais aux réunions de quartier, les chiens et leurs crottes figurent pourtant toujours au top 3 des discussions favorites ! Pour les élus et leurs concitoyens, cette question semble donc relativement prioritaire.


-                          « Mais on n’a qu’à obliger les maîtres à ramasser ! » Facile à dire (surtout si on ne veut pas y consacrer d’argent public…) ! J’ai une idée : on devrait aussi obliger les gens à jeter leurs canettes à la poubelle, à ne pas taguer les murs et à respecter les feux rouges. C’est déjà ce qu’on fait ? Mais tout le monde ne s’y plie pas ? Tiens, quel hasard ! C’est pareil pour le ramassage. La loi et la raison veulent qu’on ramasse, mais certains individus inciviques peuvent décider de ne pas suivre la raison, ni la loi. Il faut donc à la fois faire de la prévention (les balades canines et les journées d’information y participent), de la répression (si les contrevenants se font prendre, l’amende est salée), et donner une alternative à ceux qui ne peuvent pas ramasser (aveugles, handicapés, personnes âgées…) : c’est le rôle des espaces sanitaires.


-                         A propos des espaces sanitaires :  « On construit des espaces pour les chiens ! C’est la meilleure ! Et pourquoi pas des piscines et des terrains de tennis pour les chiens ? » Les espaces sanitaires ne sont pas construits « pour les chiens ». Les chiens, ils s’en fichent royalement qu’on leur prévoie des endroits pour faire leurs besoins. Si ça ne tenait qu’à eux, ils se soulageraient tout aussi volontiers sur les trottoirs, les aires de pique-nique ou en plein milieu du passage piéton (et on le constate d’ailleurs tous les jours). Les espaces sanitaires n’ont donc pas été crées « pour les chiens », mais pour les piétons qui en ont marre des trottoirs-crottoirs. Ces espaces « sanitaires » portent bien leur nom : ils seront nettoyés une à deux fois par jour (et ce nettoyage, on est d’accord, est indispensable), les services de propreté s'y sont engagés. Ils permettront de limiter les crottes dans les autres rues. Partout ailleurs, le ramassage sera obligatoire.


-                          « On prend de la place sur les espaces verts pour construire ces aires à chiens ! » Pour ce qui est des espaces sanitaires, ils ne font que 10 m carrés et ne prennent donc que très peu de place. Quant aux espaces de liberté, plus grands, ils répondent à une vraie demande et à un vrai besoin. La population canine de l’agglomération est importante : 170 000 chiens dans le Grand Lyon. C’est un fait, on n’y peut rien, et ce n’est pas en disant qu’un chien n’a pas sa place en ville (ce à quoi, bien sûr, je n’adhère pas) qu’on améliorera la situation. Ces espaces de liberté n’empiètent pas sur les jeux d’enfants, car ils sont installés dans des zones inexploitées et délaissées de la ville (friche, square abandonné ou extrêmement peu fréquenté, espace vert clôturé coincé entre deux rues…) ou intégrés dès le départ dans le plan d’urbanisme à l’occasion de grands chantiers (comme au Gros Caillou ou le bd des Canuts). En outre, on fera tout pour que ces espaces soient esthétiques et s’intègrent bien dans le paysage (entourés de verdure, diversifiés…) Pour l’instant, le seul parc de la Croix Rousse où les chiens sont tolérés (et bientôt officiellement autorisés, nous l’espérons) est le parc Melba, rue Chazière, où se tiennent les balades canines du samedi. J’y suis plusieurs fois par semaine, et je n’y ai jamais marché dans une crotte, car la grande majorité des usagers, conscients de leur chance d’avoir un tel espace à disposition, le respectent et en prennent soin. C’est un parc très peu fréquenté et suffisamment grand pour que la cohabitation avec les quelques promeneurs qui s’y trouvent se passe à merveille. Car rappelons que, contrairement aux parcs pour enfants, qui sont interdits aux chiens, les parcs autorisés aux chiens ne sont pas pour autant interdits aux enfants ! Nous avons même l’exemple de parents qui y emmènent leurs progéniture justement parce qu’ils peuvent y voir des chiens. Notre balade du samedi est également peuplée d'enfants de 4 à 12 ans qui viennent jouer avec les chiens, les caresser et les observer.


Il va sans dire que dans tous ces espaces canins de liberté, le ramassage est non seulement obligatoire, mais surtout indispensable. Ces espaces ne doivent pas devenir des champs de crottes, ou tous nos efforts pour les faire accepter seront réduits à néant.

A la balade canine du 23 juin, 45 chiens et leurs maîtres (qui ramassent !) sont présents pour réaffirmer la nécessité de créer des espaces canins. Au centre : Geneviève Bernardin, chef de projet de la Mission animalité urbaine du Grand Lyon et Gérard Claisse, vice-président du Grand Lyon.

J’ai essayé de répondre ici aux inquiétudes plus ou moins fondées des Croix-Roussiens, mais c’est à vous, les propriétaires de chiens, que je m’adresse particulièrement. Sans vous, on n’y arrivera pas. C’est à VOUS, ou plutôt à NOUS (car je fais partie de vous…) de ramasser et de faire passer le mot. Nous devons TOUJOURS avoir des sacs sur nous, et ramasser même dans les CANIVEAUX (on doit déjà slalomer entre les voitures mal garées, alors si on marche en plus dans des crottes...). Sans une participation massive des propriétaires, toute l’action de la Mission animalité urbaine sera vaine. Pour la première fois en Europe, une mission uniquement et entièrement consacrée à l’animal en ville à été créée à l’échelle d’une agglomération (le Grand Lyon compte 55 communes) pour une intégration globale du chien en ville. Vous ne vous imaginez pas tous les bâtons qu’on nous met dans les roues. Et le principal frein à nos actions, c’est encore et toujours ces crottes que certains ne se décident pas à ramasser. Il est primordial d’obtenir l’adhésion des propriétaires de chiens, car sans VOUS, on n’emportera pas le soutien de la population. Et si la population ne suit pas, les élus, et donc les décideurs, ne suivent pas. Voire pire, ils reculent ! Et revoilà notre comptine favorite : trois pas en avant, deux pas en arrière...

 

 

 

par yannick thoulon publié dans : coups de gueule
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