Bon, alors, on y va ? Des chiens, il y en avait de tous poils : du bon vieux golden au berger finnois, du shetland au berger australien, du petit chien lion au dalmatien, sans compter les grigris* de toutes tailles et de tous âges : le vrai, le faux, le laid, le beau, le dur, le mou qui a un grand cou, le gros touffu, le p’tit joufflu, le grand ridé, le mont pelé… Heu, non, là, je m’égare…
* un grigri, pour ceux qui n'auraient pas suivi les épisodes précédents, c'est un bâtard ou un corniaud.
"Moi, ça me soule, les autres chiens" (Pampa, légèrement blasée...)
"Je suis assortie à ma maîtresse !" (Gribouille, toujours un oeil sur sa Christiane)
Je jette donc un œil amusé sur cette foule bigarrée et je garde le deuxième (ben oui, parce que si on jette, les deux, on n’y voit plus rien) pour repérer les loulous les plus reloux, ceux qu’il faudra tenir à l’œil, justement. Tiens, ce petit jack, là-bas, toute crête dehors et grognant à tout va, à qui on semble avoir greffé une maîtresse un peu stressée et débordée, malgré toute sa bonne volonté. Et Gaston, l’éternel kakou de service qui secoue son plumeau de shetland sous le nez de Max, le vieux malinois costaud qui ne s’en laisse pas compter. Et puis on a Babel, la croisée malinoise qui fait son gendarme et qui rêve de remettre à sa place la belle husky un brin crâneuse. Je prends tour à tour quelques chiens en laisse pour soulager les maîtres et évaluer les fauves, puis c’est le moment de la photo rituelle. On est tellement nombreux (entre 50 et 60 chiens) qu’on ne tient pas dans le cadre.

Et nous voilà partis, joyeuse troupe prête à inaugurer en grande pompe les berges du Rhône. On peut dire qu’on ne passe pas inaperçu. Une voiture s’arrête même pour nous crier un amical « Bonjour ! Vous êtes qui ? » par la fenêtre. Et, oh surprise ! Pas un râleur. Pas un klaxonne. Pas une sonnette de vélo. Personne pour rouspéter après ces chiens qui prennent tout le passage. Au contraire, des regards complices, des saluts amusés, étonnés et admiratifs devant ce défilé à la fois calme et jovial. Pas un aboiement (ou presque) et dans notre sillage, pas une pauvre petite crotte abandonnée. Seulement des maîtres et des chiens heureux de partager un petit bout de vie et de ville.

Et puis à la fin, c’est la récompense suprême pour ceux qui ont tenu la petite heure de marche : le lâcher de chien. On s’organise d’abord en deux groupes, pour des questions de sécurité, puis après quelques minutes, c’est le rassemblement général avec baignade dans le Rhône pour les uns et course-poursuite pour les autres. Le spectacle est si fascinant, l’atmosphère si détendue qu’on en oublie de rentrer. Il fait déjà nuit quand les 25 derniers mordus de la promenade se décident à faire demi-tour.
Non, non, il pleut pas. Ca doit être les polens...
Un franc succès pour cette première édition qui a atteint tous ses objectifs : d’abord permettre aux chiens de se défouler et aux maîtres de se rencontrer, puis prouver au reste du monde qu’un chien n’est pas forcément une nuisance et un propriétaire de chien, pas forcément un irresponsable !
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Des toutous tout partout !














Un dalmatien, un Samoyède... On a de tout, à la SPA
