Mon site pro !

ecussontraboul-copie-1.jpg
 

 Education canine à Lyon
www.jeduquemonchien.fr

Images aléatoires

Gueule de chien

Lulu.jpg

La belle et malicieuse Lulu

Mercredi 30 avril 2008
Mon expérience passée et présente à la SPA a eu un effet secondaire sur moi. A force de voir des chiens pourris par leurs maîtres débordants d’un amour gluant, qui finissent par les rendre malades ou les abandonner (« et pourtant, je l’aime, mon chien », j’ai développé un étrange symptôme.

Je n’aime plus les gens qui « aiiiiiment les chiens ».

J’aime pas les gens qui aiiiiment les chiens, parce que les gens qui aiiiiment les chiens n’aiment pas les chiens, mais aiment l’idée d’avoir un petit truc vivant et chaud à portée de main. Ils aiment avoir un être vulnérable sous leur aile. Ils aiment avoir une petite boule de poil lovée sur leurs genoux ou sur leur lit. Ils aiment avoir un compagnon de vie « fidèle ». Ils aiment avoir quelqu’un à nourrir.

 



Ils aiment, mais ils aiment mal.

Aiment-ils marcher des heures avec leur chien en liberté ? Ah vous savez, à mon âge… Ah, mais je n’ai pas de voiture, alors c’est difficile… Pas besoin, j’ai un jardin… Ah non, il ne revient pas quand je l’appelle…

Aiment-ils voir leur chien s’ébattre avec ses congénères ? Ah, vous savez, il est un peu trouillard… Ah, mais c’est qu’il n’aime pas les autres chiens, il est tellement attaché à moi… Ah, mais il n’a pas trop l’occasion d’en voir… Ah oui, il en croise parfois dans la rue… Vous savez, je l'aime tellement, je ne voudrais pas qu'il se fasse mal !

Aiment-ils voir leur chien se rouler dans une flaque, une crotte ou un cadavre ? Ah, c’est dégoûtant ! Il a de ces idées, parfois ! Mais pourquoi il fait ça ?

Peut-être parce que c’est un chien. Et un chien, c’est un animal. Un prédateur, de surcroît. Pourquoi les gens admettent-ils facilement le côté prédateur du chat, mais ont-ils tant de mal à l’accepter chez le chien ? Un chien, ça aime courir comme un fou, profiter de sa liberté, se mesurer avec ses congénères, et même se rouler dans la boue, la crotte ou les cadavres.

 


Là, j'ai de la chance, c'était un cadavre de ver de terre !

C’est ça, un chien. Et parce que je suis un humain, que j’ai mes limites et que j’habite en appartement, j’arrête aussi ma chienne lorsqu’elle se roule dans une crotte, mais je ne la gronde pas. J’aime la voir courir, jouer (ou ne pas vouloir jouer) avec ses congénères et je ris avec un mélange de dégoût et d’attendrissement quand je la vois se rouler dans la boue ou même dans les cadavres d’animaux. Et tant pis si elle pue, parce que Pampa est un chien, et qu’un chien, parfois, ça pue.

Pampa, après une bonne roulade dans la boue. Humm ! C'est bon la vieille bouillasse croupie sur le museau !

Ce que j’ai appris à aimer avant tout en elle ce n’est pas sa compagnie, sa chaleur, sa beauté ou la douceur de son poil (qu’elle a d’ailleurs assez rêche). J’ai appris à aimer autre chose. J'ai dû l'apprendre, parce que ma nature d’être humain me poussait au départ comme tout le monde à aimer sa chaleur, sa présence, sa douceur, son « côté humain ». Mais ce que j’aime vraiment, c’est sa liberté, sa nature différente de la mienne, son incroyable faculté d’adaptation.


"J'adooore les chiens (et les sushis) !"

Et ceux qui aiiiment les chiens (comme Chouchou adoooore les sushis), se demandent-ils ce que les chiens aiment ou se contentent-ils des apparences, du résultat à court terme ? Mon chien aime quand je lui donne des petits gâteaux ou des croûtes de fromage (et tant pis si ça détraque son système digestif). Mon chien aime dormir sur mon lit (et tant pis si ça crée un hyperattachement). Mon chien aime que je le prenne dans mes bras quand il a peur (et tant pis ça ne fait qu’empirer ses angoisses). Mon chien aime que je sois toujours avec lui (et tant pis si ça le rend dépendant). Mon chien aime que je le caresse tout le temps (et tant pis si ça l’étouffe). Mon chien aime que je joue sans cesse avec lui (et tant pis si ça le rend hyperactif). En lui prodiguant ce genre d’amour fast-food, on répond à une demande immédiate sans penser au long terme. Comme un enfant, un chien a besoin de limites, il a besoin qu’on lui offre la possibilité d’exister par lui-même en ne faisant pas de lui le centre de notre monde, il a besoin d’être cadré, encadré par notre autorité bienveillante (et non par notre autoritarisme absurde), il a besoin d’un ordre juste, de fondations solides pour se construire. Il a besoin de se sentir protégé et guidé par nous, sinon, c’est lui qui se sentira obligé de nous guider. Et cela risque d’être trop lourd pour ses maigres épaules, ou trop lourd pour nous, qui pouvons difficilement vivre sous la loi despotique d’un cador, malgré tout l’amour qu’on lui porte. C’est là que le stress commence, pour le chien comme pour le maître. Ne pas offrir de limites à un chien, le laisser en self-service, c’est laisser le navire à la dérive sans capitaine, c’est lui ôter tout repère. C’est le rendre capricieux, stressé, agressif ou peureux, selon sa nature.

 

PS : récemment, j’ai gardé une chienne complètement stressée, hyperactive et tyrannique, qui détruit tout chez elle et aboie contre tout et tout le monde, surtout sa maîtresse. Elle tire en laisse et est limite insupportable, du coup, sa maîtresse la sort de moins en moins. Quand elle était petite, sa maîtresse, qui avait besoin d’elle pour guérir de plusieurs deuils, l’a étouffée par son « amour ». Ensuite, voyant la situation se dégrader, elle a cru pouvoir la redresser en criant sur la chienne et en lui fixant des pseudo-limites sans cesse mouvantes.

En 3 jours chez moi, dans un cadre de vie réglé et équilibré, la chienne est redevenue normale. J’ai été attendrie et séduite par cette chienne, mais je ne me suis pas apitoyée sur son sort. J’ai été stricte, ferme, inflexible, mais aussi calme, joviale et juste. Au bout de deux jours, la chienne qui n’avait jamais été lâchée (sauf au cours de plusieurs fugues) et se montrait agressive avec ses congénères, gambadait en liberté autour de nous (avec une longe qui traîne par terre, par sécurité), avec deux ou trois autres chiens. Au bout de trois jours, elle répondait parfaitement au rappel, même en présence d’autres chiens ou stimuli intéressants, et m’avait prise comme point de repère, comme rocher auquel se raccrocher. Ca m’a demandé du boulot, de l’attention, du temps, mais on y est arrivé.

 

Bon d'accord, à m'entendre, je parais gogole et gaga. Mais être ferme, ça n'empêche pas d'être sympa et ludique quand le chien obéit !! Au contraire, ce n'est pas en gueulant qu'on gagne le respect, mais en étant JUSTE

La chienne est aujourd’hui retournée chez sa maîtresse et pour l’instant, ça se passe mieux, elle est plus calme. Espérons qu’elle parvienne à lui procurer sur le long terme tout l’équilibre, la liberté, la douceur et la fermeté dont elle a besoin.

par yannick thoulon publié dans : coups de gueule
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
blog télé sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus