Des toutous tout partout !
Bienvenue sur le blog d'un éducateur canin ordinaire et de sa chienne extraordinaire.
Notre quotidien, nos activités, nos doutes, nos joies et surtout nos élèves à deux et quatre pattes, venez découvrir la belle vie de chien de Yannick et Pampa !
La belle et malicieuse Lulu
Pour une fois, vous ne verrez pas de chiens dans cet articles, mais des chevaux. Mais pas de panique, ça parle quand même de chiens !
Ca commence à sentir les vacances ! Vendredi dernier, j’ai participé à une journée découverte sur l’équitation éthologique au haras de
- L’« équitation éthologique », c’est l'expression un peu pourrie qu’ils ont trouvée pour traduire « horsemanship » (« l’art d’être cavalier ». En gros, de comprendre un cheval, de communiquer avec lui et d’obtenir sa coopération). C’est encore un peu flou ? Alors, on va tenter en 2 briques (comme dans Pyramide, vous vous souvenez ?) : "Robert Redford" et "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux". Vous me dites quoi ? "Chuchoteur" ! Ben voilà ! Et ben donc, vendredi, j'ai joué à Robert Redford et j’ai murmuré à l’oreille des chevaux, pour changer. Sauf qu’un chuchoteur ne chuchote pas plus qu’il ne murmure : il s’exprime par son corps, sa gestuelle, son regard et son intention (i.e. sa volonté vraie de communiquer quelque chose au cheval).
- Et le Haras de

Lui, c'est stormy, le zorse (croisement zèbre cheval) éduqué par Andy. Un vrai challenge, parce qu'il est resté très sauvage.
Vous me direz, qu’est-ce qu’un éducateur canin faisait au milieu des chuchoteurs de chevaux ? D’abord, les chevaux, c’est ma première passion (Allez, j’étais partie pour vous raconter ma vie, mais je vais pas vous infliger ça). Ensuite, les méthodes que j’utilise pour les chiens sont très similaires à celles qu’ils utilisent pour les chevaux. Je voulais en savoir plus, histoire de voir ce que je pouvais affiner de mon côté. Nous voilà donc partis pour un petit comparatif de l'éducation canine/éducation équine (car ils parlent bien d'éducation).
Pour moi, il y a 3 grandes différences entre les chiens et les chevaux. Le chien est un prédateur de
Des chevaux qui suivent une voiture avec quelqu'un dans le coffre pour rentrer au pré
Edouard, qui nous a pris en charge pour le stage, nous a ouvert les yeux sur une nouvelle équitation. On était 10, tous passionnés de chevaux, tous niveaux confondus. Bien sûr, comme à tous les stages, il y avait « Celle qui Savait ». Elle avait déjà eu une relation « magique » avec un étalon (qui, à mon avis, essayait juste de la sauter) : elle communiquait avec lui par la pensée et à un moment, il lui a demandé « tu veux être mon amie ? » (sic) ! Et donc, Celle qui Savait a donné des conseils judicieux à Edouard, le responsable du service débourrage et rééducation, pendant toute la partie théorique. Des conseils du genre « Tu sais (car Celle qui Savait tutoyait Edouard, puisque, comme lui, elle faisait partie du club sélect de Ceux qui Savaient…) pour nouer une relation avec un cheval, j’ai remarqué grâce à cette relation magique que j’ai eue, qu’il fallait passer du temps avec le cheval ». Non ? Sans blague ! Heureusement que Celle qui Savait était là pour nous donner des infos si pertinentes !
Bref, revenons à cette nouvelle équitation. Jusque là, quand on apprenait à monter à cheval, on posait ses fesses sur un canasson et on essayait de ne pas tomber. Ensuite, on affinait sa position et on essayait de faire faire des trucs au cheval. Ca, c’est l’équitation. C’est l’équivalent, chez les chiens, des exercices type assis, couché ou du dressage… Sauf que pour Edouard, l’équitation, c’est la troisième étape. Et dans le monde canin aussi, on a trop souvent tendance à sauter les 2 premières étapes. Le premier pas, c'est la compréhension de l’animal (et revenons aux chiens : combien de maîtres savent faire asseoir leur loulou, mais ignorent ce qu’il veut dire quand il remue la queue ? Ca vous fait réfléchir, hein ? Tous à vos copies, vous me direz ce que ça veut VRAIMENT dire, quand un chien remue la queue ! Un indice : ça ne veut pas forcément dire qu’il est content.). Ensuite, il y a les fondations : c’est l’équivalent des règles de base que l’on instaure à la maison avec son chien (et que peu de maîtres connaissent ou appliquent. Attention, reprenez vos copies ! C’est quoi, les règles de bases à appliquer quand on vit avec un chien ?). La troisième étape, et seulement la troisième, c’est l’équitation (donc, le assis, couché, ou le dressage).
Autre similitude avec la méthode que j’utilise, Andy et ses élèves travaillent par « confort, inconfort », essai et erreur. Ils posent un problème au cheval et ils lui demandent de trouver la solution : « Toi qui aimes rester immobile, je te fais bouger. Je n’arrêterai de te faire bouger que quand tu seras allé dans mon sens. » Par exemple, je voudrais que tu recules. Je vais exercer une pression sur ton licol jusqu’à ce que tu transfères ton poids vers l’arrière. Dès que tu fais un pas ou que tu te penches en arrière, je te laisse tranquille. Bientôt, tu auras compris que si tu veux être tranquille, il faut vite céder à la pression, voire précéder la pression, et je n’aurai plus besoin d’utiliser ma longe pour te faire reculer.
Autre exemple, plus compliqué : si tu as peur du coin du manège, je vais t’obliger à bouger et à travailler partout, sauf dans le coin, où je te laisserai tranquille. Tu es libre de fuir le coin, mais dès que tu y mets un sabot, pour toi, c’est le confort. Partout ailleurs, je te titille et je te demande des trucs compliqués. Bientôt, tu as compris qu’on est mieux dans le coin qu’ailleurs. Beaucoup de cavaliers (dont moi) font exactement le contraire : si le cheval a peur du coin, on le force à y aller. Du coup, on rend le coin désagréable. J'avais d'autant moins d'excuses pour faire ça que j'utilise exactement ce principe pour mettre un chien à sa place : on va rendre tous les autres endroits désagréables, et la place super agréable. Bientôt, le chien aura compris son intérêt et ira très volontiers à sa place. Alors que si on l’y met de force, il voudra toujours en sortir.

Les poulinières du haras
Autre truc que j’ai appris pour les chevaux : "N'utilise pas les rênes pour tourner, utilise-les quand il ne tourne pas." C’est pareil pour les chiens : la laisse n’est pas une corde qu’il faut actionner pour faire bouger le chien, mais un filin de sécurité dont on ne se sert que si le chien ne fait pas attention à ce qu’on lui dit. Eh ben n’empêche, j’avais beau trouver ça logique pour les chiens, je continuais à tirer comme un veau sur la bouche de mon cheval (bon, j’exagère, mais j’agissais au moins sur la rêne par une légère pression des doigts). Andy et son équipe, qui montent régulièrement sans filet (et donc sans rênes), nous ont démontré l’absurdité de ce réflexe conditionné qu’on nous apprend dès qu’on pose ses fesses sur une selle.
Bref, tout ça pour vous montrer que ce que je dis, c’est pas toujours des ...biiiip, parce que les plus grands chuchoteurs disent à peu près la même chose !
Bon, c'est pas très représentatif, mais j'avais plus de piles pour prendres les photos intéressantes...
Et donc, au bout de quelques heures de boulot avec les chevaux (déjà éduqués) qu’on nous avait prêtés, on a réussi à obtenir une bonne connexion : le cheval marchait « au pied », son encolure au niveau notre épaule. On marche, il marche. On s’arrête, il s’arrête. On court, il trotte. On recule, il recule ! Et tout ça, sans utiliser sa longe (enfin presque, parce qu’on était quand même pas des super pro.)
Voilà, je m’arrête là, parce que je ne voudrais pas vous embêter trop. Merci à ceux qui sont restés jusqu’au bout, et n’hésitez pas à visiter le site du haras de
Ouahh ! Déchire, t'as vu de tes yeux vu le ZORSE !!!??? Trop fort !
Bon j'ai repensé à ton article en montant Trinity ce matin, et je me suis dis... ben oui, moi aussi je tire comme un veau sur mes reines pour la faire tourner et l'avoir en place... bon d'accord y'a aussi l'assiette, mais ça suffit pas ça c'est sur ! Enfin bon, ça va être dur de changer ça maintenant... pas assez de patience. Peut-être qu'un jour si j'ai mon propre cheval... ouais, bof non.
Mais bien cool quand même cet article !
Allez à la semaine proch' !
Bonjour,
Je suis cavalière,
et aussi l'heureuse maîtresse d'un
chien-guide golden retriever.J'ai trouvé votre expérience fort intéressante, bien dommage que pour pouvoir mettre un commentaire sur votre site, ce soit impossible pour un non-voyant sans aide, vous qui êtes apparemment tourné vers les autres de manière très positive et intéressante, ce serait bien si vous pouviez y remédier...
Enfin bref, ayant trouvé une âme charitable pour recopier les petites lettres de l'image...
Votre expérience est forte intéressante et vos commentaires très justes tant sur les chiens, (mais je n'en doutais pas, sourire) que sur les chevaux. Je travaille moi-même en liberté avec mon hongre de 12 ans, et c'esttoujours quelque chose de formidable de pouvoir avoir une connexion avec lui.
Personnellement, j'ai tendance à utiliser les claquements de langues aussi bien avec mon cheval qu'avec mon chien, il les comprend aussi très bien. Je ne pourrais pas assimiler l'affect avec mon chien à celui avec mon cheval : ils sont tout de même très différents, eu fait comme vous l'avez dit, de leur différence de statu : chasseur et chassé, mais dans les 2 il y a quelque chose de fort.
Merci pour ce petit reportage si instructif et bien écrit.
Sophie
bien ! bien ! Moi qui monte à cheval - enfin qui montait - j'ai appris pas mal de choses en vous lisant! On sent bien que "melle savait tout" vous a un peu ennervée et j'imagine bien la tête que vous deviez faire!
Euh, par contre flatounette remue de la queue tout le temps, dés que je lui parle ou fait quelque chose mais, là vu que nous ne sommes pas très assidues aux cours/balades du samedi vu les nausées de Baïka... Ben je donne ma langue aux chats et accepte une colle ... Si! si!
Je suis toujours aussi fan de ton style d'écriture!!!!
Cela à vraiment l'aire d'ètre intéressent, moi qui ai peur des chevaux ca pourrait peut ètre me réconcilier avec eux :)